A venir

Si les rats pesaient 20kg, ils seraient maîtres du monde

Pièce de théâtre pour 6-7 comédiens.

Textes et mise en scène : Kevin Houdemont

Durée : 1h30 (évalué)

 

 

En quelques mots

Trois couples se cherchent et se perdent alors que la Ville est vouée à une destruction certaine. Un  groupe terroriste mené par un leader mystérieux, Corbeau, planifie une attaque d’envergure. Durant les sept nuits qui précèdent l’attentat, six personnages errent dans la Cité à la poursuite d’eux-mêmes.

A la manière d’une série télévisuelle, la pièce est constituée de flashbacks qui permettent de reconstruire cette dernière semaine. Dans une ambiance de scénario catastrophe, c’est l’intimité des personnages qui est finalement dévoilée. On découvre des couples qui s’éloignent sous la pression de la vie moderne, des individus qui souffrent et qui sont incapables d’aller les uns vers les autres.

Le destin entraine chacun vers une fin inéluctable. L’intime est en lutte perpétuelle avec l’action politique des terroristes et le médiatique incarné par une journaliste. Finalement, le mythe fusionne avec la réalité, les personnages deviennent héros et l’espoir renaît à l’aube du huitième jour sous les traits juvéniles d’une enfant survivante.

La narration cinématographique est renforcée par l’incrustation de séquences filmées. La pièce se déroulant quasi-exclusivement de nuit, la mise en scène, la scénographie et la mise en lumière explorent les possibilités de stimuler l’imaginaire dans l’obscurité.

 

 

Extraits

La journaliste

Être de nouveau chez moi, j’en avais terriblement besoin. Je pensais le retrouver ici, je pensais me blottir contre lui, je pensais… Mais il n’est pas là. Une cigarette à la main, je contemple à travers la baie vitrée, les derniers souffles de la Ville. L’activité nocturne bat son plein mais je suis désormais convaincue que tout cela va cesser d’une minute à l’autre. Je sais qu’il va se passer quelque chose, que ce sera grave ; mais je n’ai rien dit. Aucune trace de culpabilité, j’attends seulement que tout commence.

Et puis soudain, c’est la nuit. Toutes les lumières de la ville s’éteignent et le monde est plongé dans l’obscurité. L’extrémité rougeoyante de ma cigarette devient l’ultime source de lumière, la dernière amarre qui me maintient dans la réalité. Bientôt, nous dériverons tous sur cet océan d’encre. Tu me manques, terriblement. Cela fait quatre jours qu’on ne s’est pas parlé, quatre jours et quatre nuits.